[00:08] Marie-Ange : Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce webinaire pour faciliter l'accès au droit à la retraite pour les publics que vous accompagnez au quotidien. Je suis Marie-Anne Japot, responsable de l'offre de service retraite de la Carsat Languedoc-Roussillon, et je suis accompagnée de Régis Martineau, chargé de la fonction conseil entreprise.
[00:32] Marie-Ange : Quelques précisions avant de démarrer : les caméras et les microphones sont coupés et vous avez la possibilité de poser vos questions en direct via le fil de questions-réponses. Une équipe de modérateurs vous répondra au fil de l'échange et nous répondrons à quelques questions à l'issue du webinaire. Enfin, vous recevrez le replay du webinaire dans les jours qui viennent.
[00:58] Marie-Ange : En tant qu'organisme de sécurité sociale, notre mission est de garantir à tous les assurés l'accès à leurs droits avec une attention particulière pour les personnes les plus vulnérables. Aujourd'hui, c'est plus d'un million d'assurés qui sont concernés par le non-recours et cela concerne trois typologies de droit : la retraite personnelle qui correspond au droit perçu tout au long de la carrière, la retraite de réversion qui représente une partie de la retraite du conjoint ou de l'ex-conjoint décédé perçu sous certaines conditions, et enfin l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) qui est une aide financière pour les personnes âgées avec de faibles revenus pour garantir un minimum de ressources.
[01:37] Marie-Ange : Différentes études ont montré que les raisons du non-recours sont liées majoritairement à un manque d'information et c'est pour cette raison que notre rôle avec vous, et bien, est d'informer, de détecter et d'accompagner de façon attentionnée les publics les plus vulnérables en Languedoc-Roussillon.
[01:53] Marie-Ange : Nous menons un certain nombre d'actions... pardon, est-ce que tu peux passer la slide d'après ? Numéro 3, c'est bon ? Pardon, oui. Nous menons donc un certain nombre d'actions en Carsat Languedoc-Roussillon selon ces trois piliers.
[02:14] Marie-Ange : Informer, donc, comme nous le faisons aujourd'hui à travers ce webinaire, à travers aussi la publication d'une brochure qui est sortie, qui a été publiée cette année que vous avez reçue certainement, qui est une brochure sur la retraite de réversion traduite en langage Facile À Lire et à Comprendre (FALC). Cette année, nous publierons également une brochure sur l'allocation de solidarité aux personnes âgées.
[02:46] Marie-Ange : Deuxième axe, c'est la détection. Nous participons à ce titre à une expérimentation "Territoire Zéro Non-Recours" qui est pilotée par le CCAS en lien avec les acteurs locaux et institutionnels, donc auquel nous contribuons. L'année dernière, nous avons fait parvenir plus de 1200 questionnaires à des personnes qui résident dans des quartiers difficiles de Montpellier pour comprendre les raisons du non-recours. La poursuite des actions, ça va être d'aller comprendre justement ces raisons et puis d'identifier des leviers que nous pourrions mettre en place.
[03:08] Marie-Ange : Troisième pilier, l'accompagnement. Donc ce sont des campagnes d'appel sortant que nous avons réalisées à destination de personnes qui sont éligibles au droit à la retraite de réversion et à l'allocation de solidarité aux personnes âgées, et de leur proposer éventuellement un rendez-vous si nécessaire. Nous organisons aussi ce qu'on appelle des ateliers "Bienvenue à la retraite", qui sont des ateliers qui abordent dans un premier temps les démarches administratives et financières et qui permettent justement de toucher un public de jeunes retraités qui sont éligibles à l'ASPA et de les informer sur cette prestation. Ça concerne aussi, ces ateliers, ça couvre les envies, les projets qui sont pour s'adapter à cette nouvelle vie.
[04:01] Marie-Ange : Et enfin, donc nous allons y venir juste après, le circuit de signalement que nous avons mis en place l'année dernière pour que vous puissiez nous remonter les personnes qui sont en situation de fragilité. Ce circuit, finalement, vous pouvez le retrouver directement dans le fil de conversation qui est associé à notre... enfin qui est présent sur notre site internet carsat-lr.fr, et qui vise donc à nous remonter des situations d'urgence sur la rupture de paiement, le handicap, l'invalidité ou des personnes qui sont en situation de faibles revenus. Donc n'hésitez pas à utiliser ce canal, nous apportons une réponse dans les plus brefs délais, enfin avec un délai d'environ 48 heures. Donc n'hésitez pas à y recourir, nous sommes là pour vous accompagner sur ces publics que vous accompagnez.
[04:55] Marie-Ange : Maintenant, je vous propose d'aborder plus en détail le fonctionnement du système de la retraite, les démarches à accomplir. Donc Régis, est-ce que tu pourrais nous préciser comment cela fonctionne ?
[05:01] Régis : Avec grand plaisir Marie-Anne. Bonjour à tous et à toutes et donc bienvenue pour cette conférence en ligne de la Carsat. Alors, c'est vrai que le système de retraite en France, il est fondé sur le système de la répartition. Les employeurs, les salariés cotisent sur les salaires bruts soumis à cotisation et ces cotisations permettent d'alimenter les caisses de la Sécurité sociale, mais également les caisses de retraite complémentaire.
[05:29] Régis : Donc, bien sûr, ces cotisations ont permis de financer les retraités d'alors et les cotisations ont permis aussi aux assurés sociaux d'acquérir des droits à la retraite future avec un horizon, bien sûr, qui s'est déporté suite à la réforme des retraites. Alors, c'est vrai que : entraide entre les générations, mais également entraide entre ceux qui ont du travail et ceux qui n'en ont plus. Je rappelle que les assurés qui perdent leur travail pour cause de chômage notamment ne sont plus en capacité de cotiser sur un revenu, mais la loi permet cependant de récupérer des trimestres : des trimestres validés, des trimestres assimilés en fonction de la durée d'indemnisation. Et ces trimestres sont bien sûr importants pour obtenir plus tard les peut-être 172 trimestres demandés pour un assuré né en 1965.
[06:20] Régis : Alors, la Carsat gère donc les salariés du privé stricto sensu, mais également les agents contractuels de la fonction publique, les artistes-auteurs, les indépendants, les artisans et commerçants, et ceci depuis 2019. Et donc nous avons du monde, en effet, en gestion. Et vous, en tant que partenaires, vous avez certainement des questions qui sont posées de manière récurrente et donc on va essayer d'apporter des éléments de réponse.
[06:43] Régis : Alors dès leur première activité, on demande aux assurés sociaux d'avoir pu conserver leurs bulletins de salaire, d'avoir pu conserver leurs contrats de travail, leurs attestations d'indemnisation chômage, maladie, maternité. Alors on le sait, la vie n'est pas un long fleuve tranquille : on peut avoir déménagé, les assurés peuvent avoir été sinistrés, divorcés, et donc parfois ils n'auront plus les éléments comptables qu'ils pourraient produire en cas de désaccord avec l'Assurance Retraite. S'il n'y a pas de désaccord, il n'y a pas de document à produire. Si en effet on est en désaccord, on essaie de produire ce document dans la mesure du possible.
[07:26] Régis : Celui ou celle qui n'aurait pas les bulletins de salaire pourra cependant nous indiquer l'entreprise dans laquelle il a travaillé, son adresse, et nous, la Carsat, on peut diligenter des recherches. Alors parfois la recherche est positive et tant mieux, nous récupérons des revenus mais également des trimestres. Parfois la recherche est négative et on n'aura pas récupéré ces revenus et on aura perdu ces trimestres.
[07:50] Régis : Alors première partie : la préparation de la retraite. Alors c'est vrai que préparer la retraite, c'est s'inscrire sur www.lassuranceretraite.fr et on demande aux assurés sociaux de procéder à cette inscription puisqu'ils vont y retrouver des outils, des informations, des conseils pour bien préparer la retraite. Et c'est aussi la possibilité de planifier donc un "Agenda Retraite". C'est facile, c'est gratuit : les assurés ont à rentrer leur nom, leur prénom, leur email, une date prévisionnelle de départ et grâce à cette inscription, nous allons les contacter ponctuellement par mail ou par SMS (c'est eux qui choisiront le canal de communication) et on pourra leur dire à ce moment-là : "Ben voilà, c'est aujourd'hui le moment de vérifier votre carrière, c'est aujourd'hui le moment de pouvoir modifier cette carrière si vous constatez des anomalies, c'est le moment d'aller vérifier la date à laquelle vous partirez à la retraite : est-ce que ça sera à l'âge légal ou avant ? Est-ce que ça sera la date des 67 ans pour ceux et celles qui n'ont et qui n'auront jamais les trimestres ?" Donc ils ont déjà pas mal d'éléments de réflexion qui permettront de projeter la situation qui sera la leur au jour du départ.
[09:09] Régis : C'est vrai que nos services en ligne sont assez fournis. Les assurés sociaux ont la possibilité sur le site de consulter leur relevé de carrière, d'utiliser des simulateurs d'âge et des simulateurs de montant de retraite qui pourront annoncer un montant global de retraite entre les retraites de base mais également les retraites complémentaires. Alors là aussi, ce sont des simulations en l'état du droit, mais aussi en l'état de la carrière de l'assuré. Donc ces simulations sont importantes mais ne sont pas contractuelles. Donc on ne pourra pas plus tard aller en contentieux à la Carsat nous disant : "Voilà, vous m'avez annoncé 1200 et quelques euros, j'ai 1150". C'est une estimation qui est quand même là pour donner l'ordre de grandeur du montant qui sera perçu au jour du départ.
[09:52] Régis : Concernant les trimestres qui apparaissent sur le relevé de carrière et les éléments qui sont intégrés dans ce relevé, nous avons mis au point une frise chronologique qui permet en un seul coup d'œil d'évaluer la situation. Et c'est vrai que quand la frise est en couleur verte, cela veut dire que toutes les périodes ont été correctement enregistrées. Si la couleur est plutôt orange, cela nous indique que nous avons une baisse de revenus ou peut-être pas les quatre trimestres. Et quand c'est rouge, nous n'avons aucun élément. Et donc là on demande à l'assuré de regarder ses archives pour essayer d'aller donner des éléments qui permettraient de modifier les périodes manquantes. Alors ça c'est bien parce que déjà ça permet d'identifier des années potentiellement lacunaires.
[10:45] Régis : Ensuite, bien sûr, nous allons rentrer dans les trimestres de la carrière et notamment les trimestres cotisés. Alors c'est vrai que lorsque nous sommes en activité salariée, nous cotisons sur des revenus professionnels bruts qui apparaissent sur le relevé de carrière. Et là vous voyez bien que sur le relevé, nous avons le nom de l'entreprise qui a occupé le salarié, nous avons les dates d'activité (début, fin) et nous avons aussi dans le compte des revenus les salaires bruts soumis à cotisation retraite. Et on demande aux assurés sociaux de bien regarder la progression de ces revenus et s'ils notent une anomalie, ben il faut s'interroger. Il faut peut-être déjà contrôler les bulletins de salaire que les assurés peuvent avoir gardés. Pour ceci, on précise bien quelle est la nature du revenu et comment le retrouver sur les bulletins de salaire.
[11:33] Régis : Là je vous présente un bulletin de salaire qui permet de comprendre un petit peu quelle est la bonne base à considérer. Là nous avons une ligne "cotisation vieillesse plafonnée" puisque la Sécurité sociale, nous avons un plafond qui est posé. Nous avons une somme ici qui est égale à 2859 euros. C'est le salaire brut sur lequel nous avons précompté tous les mois un taux de cotisation égal à 6,65 % à l'époque (nous sommes à 6,90 aujourd'hui) et nous avons précompté 190 euros pour l'Assurance Retraite. Donc si l'assuré, en reprenant les 12 mois à 2859 euros, est en désaccord avec nous, il va pouvoir nous produire les bulletins de salaire qui pourront modifier d'une part l'année en question, mais également la moyenne des 25 meilleures années. Et ensuite, a posteriori, on pourra peut-être récupérer des trimestres.
[12:25] Régis : Pourquoi des trimestres ? Parce que chaque année, l'État par décret demande aux assurés sociaux de cotiser sur un montant minimum de revenu pour valider 1, 2, 3 ou 4 trimestres. En 2025, l'État demande d'avoir un revenu égal à 1782 euros pour valider un trimestre. On multiplie cette somme par 4 et on obtient 7128 euros pour valider les quatre trimestres. Donc imaginons quelqu'un qui travaillerait toute l'année en 2025 avec un temps partiel et au terme de cette année-là, nous aurons une somme égale à 1781 euros... Alors que cette personne a travaillé toute l'année, nous ne validerons aucun trimestre parce que nous sommes en deçà de la barre des 1782 euros. A contrario, celui ou celle qui aurait travaillé 5 mois de l'année et qui aurait une somme égale à 7128 euros validerait les quatre trimestres. Donc il faut bien préciser aux assurés sociaux qu'il n'y a aucun lien entre la durée d'activité salariée et les trimestres : c'est vraiment le montant du revenu qui va déterminer le nombre de trimestres. Donc si on est en désaccord avec nous, il nous faut produire des bulletins de salaire modifiant le montant qui a été initialement déclaré par l'entreprise.
[13:43] Régis : À côté de ces trimestres cotisés résultant d'une activité salariée, nous avons des trimestres validés qui tiennent compte de certains événements de la vie. Parfois des événements heureux (la maternité), parfois des événements malheureux (la maladie, le chômage, l'invalidité, l'armée aussi pour les messieurs). Parfois cela sera considéré en durée. Là aussi, je vous donne les règles de validation : 50 jours indemnisés par France Travail donnent droit à un trimestre ; 90 jours sous les drapeaux, un trimestre ; 60 jours indemnisés par la CPAM, un trimestre. Mais que de la durée de cotisation, mais pas de revenus au compte retraite. Donc ce qui peut légitimer une baisse de revenu. Et c'est pourquoi parfois on aura été en maladie : même s'il y a subrogation, il y aura une baisse de revenu. Elle est légitime, mais on regarde bien à ce moment-là que nous n'ayons pas perdu des trimestres au titre de l'indemnisation maladie.
[14:40] Régis : Les mamans qui ont été mamans et qui ont eu la qualité d'assurée sociale vont bénéficier de trimestres de majoration de durée d'assurance : quatre trimestres pour la maternité, quatre trimestres pour l'éducation, parfois même quatre trimestres pour l'adoption. Ces trimestres-là sont des trimestres validés, ils ne compteront donc qu'à la date de l'âge légal. On ne pourra pas anticiper pour autant le départ si nous avions 180 trimestres à la date des 60 ans puisque ces trimestres-là ne permettent pas un départ anticipé carrière longue.
[15:19] Régis : Concernant les messieurs, ils n'auront pas droit à des trimestres sauf s'ils nous disaient avoir été papa en 2010, avoir été papa d'un enfant handicapé ou avoir adopté. Dans ce cas-là, on pourra procéder à des partages de trimestres d'éducation entre le papa et la maman, mais en règle générale, c'est la maman (et c'est bien légitime) qui récupère ces trimestres de majoration de durée d'assurance.
[15:40] Régis : Donc vous l'avez compris, ce relevé de carrière, il doit être regardé dans le cadre de la préparation de manière précise. C'est le moment de vérifier si les trimestres cotisés sont correctement positionnés. C'est le moment de vérifier quand on a été privé d'activité si les trimestres assimilés résultant d'une indemnisation au chômage, par exemple, ont été positionnés. Si c'était pas le cas, les assurés essaient de rassembler les éléments qui permettront la mise à jour de la carrière.
[16:10] Régis : Alors je précise, et c'est important, que les titulaires d'une Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), d'un RSA, ne cotisent plus pour la retraite : pas de trimestre et pas de revenus. Cependant, les titulaires d'une allocation handicapé pourront continuer de partir dès 62 ans alors même qu'ils n'ont pas les trimestres. Ils pourront même demander une Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA) qui permet d'obtenir un minimum vieillesse.
[16:47] Régis : Regardons maintenant les conditions d'âge de départ à la retraite. Nous avons un âge légal, parfois nous avons un âge anticipé. Regardons ces deux situations. L'âge légal d'abord : le tableau que je vous présente là est important. Vous constatez que les assurés nés à partir de 1962 désormais doivent attendre 62 ans et 6 mois pour partir à la retraite, et on leur demande d'obtenir 169 trimestres pour obtenir une retraite au taux maximum. Les assurés nés en 1963 partiront à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres. Les nés en 64 partiront à 63 ans avec 171 trimestres. Les nés en 65 partiront à 63 ans et 3 mois avec 172 trimestres. Les nés en 66 à 63 ans et 6 mois, les 67 à 63 ans et 9 mois et les assurés nés en 68 et plus partiraient à 64 ans.
[17:53] Régis : Donc ça c'est l'âge légal et deux situations sont possibles à partir de cet âge légal : l'assuré obtient les trimestres requis et à ce moment-là on lui donne la retraite au taux maximum, au taux plein. Il peut partir à la retraite s'il le souhaite. Mais parfois il n'aura pas les trimestres : soit il continuera de travailler, soit il attendra sans travailler, mais encore faut-il avoir des revenus qui permettent d'attendre. Ça peut être du chômage, ça peut être du RSA. C'est pourquoi il est important de faire le point avec notre assuré pour lui donner la voie la plus favorable. Sachant que s'il acceptait une retraite à taux minoré quand il n'a pas les trimestres, cette décision est irréversible : il n'y aura pas de révision plus tard du montant de la retraite calculé. Il est donc très important de conseiller les assurés qui sont dans une situation parfois compliquée pour leur permettre de prendre une décision éclairée.
[18:59] Régis : Vous voyez que lorsqu'il manque des trimestres, nous appliquons une décote égale à 0,625 % par trimestre manquant. Ça peut aller très vite : on peut perdre 75 euros de retraite par mois parce qu'il manquerait 4 trimestres. La Carsat ne liquidera jamais une retraite avec un abattement [sans prévenir] : on indiquera toujours cet abattement potentiel à l'assuré et c'est lui qui nous dira s'il l'accepte ou s'il refuse. S'il refuse, on clôturera la demande et on reverra l'assuré quelques mois plus tard.
[19:38] Régis : Nous avons vu une retraite à l'âge légal, il nous faut aussi maintenant envisager une retraite anticipée. Il existe des possibilités de partir avant l'âge légal. Quelles sont ces situations ? Première situation : les retraites anticipées des travailleurs handicapés. Ce sont les travailleurs que je rencontre souvent dans des ESAT, rentrés à 18 ans et qui en partiront à 62 ans. On leur demande d'avoir eu une incapacité durant une certaine période d'activité exigée. Souvent, ils pourraient partir dès 55 ans ou même 57 ans s'ils ont les 90 trimestres cotisés exigés avec ce taux d'incapacité reconnu.
[20:44] Régis : Ensuite, nous avons la possibilité d'envisager une retraite dès 62 ans pour ceux et celles qui ont un problème de santé. Là, on n'a pas d'invalidité payée, pas d'AAH payée non plus, mais l'assuré a une problématique de santé. On peut solliciter auprès de la Carsat, 5 mois avant la date des 62 ans, une retraite dans le cadre de l'inaptitude. La Carsat envoie un dossier avec un rapport médical bleu à faire remplir par le médecin traitant. Le Médecin Conseil de la Sécurité sociale statuera ensuite : s'il admet l'inaptitude, vous pouvez partir au taux maximum de 50 % dès 62 ans, même sans tous les trimestres. Parfois le médecin pourra aussi refuser, et là on est obligé de patienter jusqu'à l'âge légal.
[22:18] Régis : Il existe aussi une possibilité de partir dans le cadre de l'incapacité permanente (rente maladie professionnelle ou accident du travail). Lorsque la rente est supérieure à 20 %, le droit est ouvert d'office dès 60 ans. En dessous de 20 %, il faut faire une demande avec une commission et apporter la preuve d'une exposition à un risque professionnel pendant 5 années.
[23:07] Régis : Ensuite, la retraite au titre de la "Carrière Longue". C'est la possibilité de partir avant son âge légal dès lors qu'on remplit deux conditions cumulatives : 1) avoir eu 4 ou 5 trimestres avant la fin de l'année des 16, 18, 20 ou 21 ans ; 2) avoir un grand nombre de trimestres cotisés (de 169 à 172 selon l'année de naissance). Un décret de 2014 permet de "repêcher" certains trimestres validés comme cotisés (4 trimestres d'armée, 4 de chômage, 4 de maladie, maternité, etc.). Si l'attestation est positive, l'assuré peut anticiper son départ. Nous conseillons de faire la demande d'autorisation 9 mois avant la date de départ prévue.
[25:06] Régis : Parfois, on ne peut pas partir en anticipé, mais on peut aménager sa fin de carrière avec la "Retraite Progressive". C'est pour les assurés à 2 ans de leur âge légal, ayant 150 trimestres et travaillant à temps partiel (entre 40 % et 80 %). Si l'entreprise est favorable, l'assuré travaille à 80 % et la Carsat paie 20 % de retraite provisoire. Notez que l'entreprise peut refuser pour un passage du temps complet au temps partiel, mais ce refus doit être motivé. La non-réponse sous 2 mois vaut acceptation.
[27:18] Régis : Abordons maintenant le calcul de la retraite. Trois éléments : 1) le Revenu Annuel Moyen (25 meilleures années revalorisées et plafonnées) ; 2) multiplié par un taux (maximum 50 %) ; 3) multiplié par une fraction (trimestres obtenus / trimestres requis). On obtient la retraite annuelle brute. On peut ajouter 10 % si on a eu 3 enfants. Des prélèvements obligatoires s'appliquent (CSG, CRDS, CASA) pour obtenir le montant net. Nous sommes aussi collecteurs du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu.
[28:57] Régis : Il existe parfois une "surcote" pour ceux qui continuent de travailler au-delà de l'âge légal et des trimestres requis (+5 % par année supplémentaire). À 70 ans, l'entreprise peut toutefois imposer le départ à la retraite.
[29:29] Régis : L'Assurance Retraite paie le 9 de chaque mois (terme échu) : une retraite de juillet est payée le 9 août. Les complémentaires paient "à échoir" (début de mois).
[30:05] Régis : Deuxième partie : la demande de retraite. Nous avons mis en place une demande en ligne unique inter-régimes sur lassuranceretraite.fr. En une seule demande, vous saisissez tous vos régimes (base et complémentaires). Il faut faire cette démarche 5 mois avant la date de départ. Pour toucher la retraite, il faut cesser son activité salariée. Attention pour les chômeurs sans tous les trimestres : ils ne doivent pas demander la retraite mais rester indemnisés par France Travail (un document de régularisation de carrière sera nécessaire).
[32:46] Régis : Si la retraite est faible, on peut demander l'ASPA (minimum vieillesse). Conditions : 65 ans (ou 62 si inapte), résider en France 9 mois/an, revenus inférieurs à 1034 €/mois (seul) ou 1605 € (couple). Attention : l'ASPA est récupérable sur la succession si l'actif net dépasse 106 716 euros.
[35:20] Régis : Le "Cumul Emploi-Retraite" : intégral (si tous les trimestres à l'âge légal) ou limité (si manque de trimestres). Dans le cadre du cumul intégral, on peut acquérir de nouveaux droits à la retraite (deuxième retraite) sous conditions.
[37:14] Régis : Pension de réversion et allocation veuvage : L'allocation veuvage s'adresse aux moins de 55 ans (versée 2 ans). La pension de réversion est possible dès 55 ans. Il faut avoir été marié (le PACS et le concubinage ne comptent pas). Il y a des conditions de ressources. La demande doit être faite dans l'année du décès pour la rétroactivité. À l'Agirc-Arrco, il n'y a pas de condition de ressources pour la réversion, mais le remariage supprime le droit.
[39:53] Régis : Contacts utiles : 3960 pour l'Assurance Retraite ; 0970 660 660 pour l'Agirc-Arrco ; 02 41 05 25 25 pour l'Ircantec.
[40:36] Marie-Ange : Merci à tous. Nous allons passer aux questions. Régis, peux-tu préciser les conditions pour partir en carrière longue, notamment sur les trimestres pris en compte ?
[41:51] Régis : Les trimestres pris en compte sont majoritairement les trimestres cotisés (travail). On n'acceptera que très peu d'interruptions : maximum 4 trimestres de chômage, 4 de maladie, 2 d'invalidité. Souvent, les mamans sont exclues du dispositif car les trimestres "enfants" ne sont pas considérés comme cotisés.
[43:16] Marie-Ange : Si un droit est oublié, les retraites complémentaires peuvent-elles faire un rappel de droit ?
[43:24] Régis : Non, il n'y a pas de rétroactivité à l'Agirc-Arrco si vous oubliez de faire la demande. C'est pourquoi la demande en ligne unique est précieuse.
[44:03] Marie-Ange : Concernant la retraite progressive, comment procéder pour continuer à cotiser au taux plein ?
[44:16] Régis : C'est une option soumise à l'accord de l'entreprise. Certaines conventions le prévoient, mais l'employeur n'a aucune obligation.
[45:01] Marie-Ange : Pour l'allocation de veuvage, si des ressources (assurance vie) arrivent après le décès, cela change-t-il quelque chose ?
[45:12] Régis : Nous regardons les revenus au jour de la demande. La personne doit déclarer ses livrets et revenus bancaires. C'est en fonction de cela que nous attribuons ou non l'allocation.
[45:50] Marie-Ange : Nous arrivons au terme des questions. Merci de votre écoute, vous retrouverez le replay dans quelques jours.
[46:06] Régis : Merci à tous, bon après-midi.